Comprendre, pas excuser
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Les deux camps
Ceux pour qui le concept est indispensable
- la violence structurelle tue plus, et en silence : refuser de la nommer, c’est la laisser invisible ;
- appeler « violence » seulement la révolte, c’est protéger l’ordre qui la provoque ;
- la caméra va toujours là où il y a des flammes : elle ne montre que les violences n° 2 et n° 3 ;
- dans l’histoire, beaucoup de droits n’ont été obtenus qu’après des révoltes.
Ceux qui s’en méfient
- le mot est trop large : l’économiste Kenneth Boulding y voyait une métaphore trompeuse ; si tout devient violence, le mot ne veut plus rien dire, et peut servir à tout justifier ;
- la casse touche souvent des gens qui n’y sont pour rien : un petit commerçant, un voisin, un agent ;
- en démocratie, l’État revendique le monopole de la force légitime (Max Weber) : la loi doit s’appliquer à tous ;
- la violence n’est pas la réponse la plus efficace : en étudiant 323 campagnes de 1900 à 2006, les chercheuses Erica Chenoweth et Maria Stephan trouvent que les mouvements non violents ont réussi dans 53 % des cas, les mouvements violents dans 26 %.
La lecture d’AVENIR
Une domination tient d’autant mieux qu’elle est invisible. La violence n° 1 n’a ni visage ni coupable désigné : c’est ce qui la rend si solide.Il y a une différence entre compréhensible et légitime. Câmara rend la révolte compréhensible, il en montre la cause ; il ne la déclare pas légitime, et il choisit une autre voie. Et Chenoweth ajoute un argument que Câmara aurait aimé : la non-violence n’est pas seulement plus morale, elle est aussi, le plus souvent, plus efficace, parce qu’elle permet à beaucoup plus de gens de rejoindre le mouvement.
On se teste ?
