La spirale des trois violences
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Le mécanisme
Galtung : l’écart évitable
En 1969, le chercheur norvégien Johan Galtung, fondateur des études sur la paix, propose une définition large : il y a violence quand des gens vivent en dessous de ce qu’ils pourraient vivre, et que cet écart pourrait être évité.Il distingue deux formes :
- la violence directe : quelqu’un frappe quelqu’un, on voit l’auteur et la victime ;
- la violence structurelle : personne ne frappe, c’est l’organisation de la société (revenus, logement, travail, soins) qui abîme et raccourcit des vies.
Câmara : la spirale
En 1970, Hélder Câmara, archevêque d’Olinda et Recife, au Brésil, sous la dictature militaire, publie Spirale de violence. Il y décrit trois violences qui s’enchaînent :- violence n° 1 : l’injustice installée, celle des structures, qui écrase sans bruit ;
- violence n° 2 : la révolte de ceux qui la subissent, par colère ou par désespoir ;
- violence n° 3 : la répression, au nom de l’ordre, qui renforce la n° 1, et la spirale repart.
Ce que Câmara n’a pas dit
Câmara n’a jamais dit que la révolte était bonne. Il dit qu’elle a une cause, et qu’on ne sortira pas de la spirale en s’attaquant seulement à la violence n° 2. Sa réponse : la non-violence active, une transformation profonde mais pacifique de la société.On lui attribue une phrase célèbre, rapportée par un de ses biographes : quand il nourrissait les pauvres, on le traitait de saint ; quand il demandait pourquoi ils étaient pauvres, on le traitait de communiste.
On se teste ?
