Pas un paradis perdu
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Ce que ça a donné
Une égalité qui dure
Pendant l’immense majorité de l’histoire humaine, des centaines de milliers d’années, nos ancêtres ont vécu en petits groupes de chasseurs-cueilleurs. Beaucoup de chercheurs pensent qu’ils étaient, comme les Ju/’hoansi, farouchement égalitaires entre adultes.Les Ju/’hoansi étudiés par Lee ne travaillaient pas beaucoup pour se nourrir : quelques heures par jour, selon ses mesures, laissant beaucoup de temps aux visites, aux conversations, aux jeux et à la danse. Les femmes, qui ramenaient une grande partie de la nourriture par la cueillette, avaient voix au chapitre.
Mais pas de paradis perdu
Il serait facile d’en faire le mythe du « bon sauvage ». Les faits sont plus rugueux :- Lee a lui-même recensé de nombreux meurtres dans les décennies précédant son arrivée, presque tous nés de bagarres qui dégénèrent : pour une si petite population, c’est un taux élevé. Sans chef ni police, une dispute peut finir à la flèche empoisonnée ;
- l’égalité entre femmes et hommes était réelle, mais pas complète ;
- ses mesures du temps de travail ont été discutées : elles ne comptaient pas toujours la préparation de la nourriture ni la fabrication des outils.
Une égalité qui demande des efforts
Le point le plus important est peut-être celui-ci : l’égalité des Ju/’hoansi n’est pas une absence d’ambition. Les chasseurs fiers et les petits chefs en puissance existent chez eux aussi. Sinon, pourquoi auraient-ils besoin d’insulter la viande ?Leur égalité est un travail quotidien, fait de moqueries, de règles de partage, de vigilance. Elle ne repose pas sur une bonté naturelle, mais sur des mécanismes.
On se teste ?
