Une égalité qui se travaille
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Une égalité qui se travaille
La viande appartient à la flèche
Chez les Ju/’hoansi, le gibier n’appartient pas à celui qui l’a tué, mais au propriétaire de la flèche qui l’a atteint en premier. Et les flèches se prêtent et se donnent sans arrêt, y compris par les femmes et les personnes âgées qui ne chassent pas.Celui ou celle à qui revient la viande la partage, selon des règles connues de tous. Le meilleur chasseur ne contrôle donc pas la distribution : impossible de se faire des obligés en offrant de la viande à ceux qu’on veut tenir.Partager n’est pas une faveur
Chez les Ju/’hoansi, demander sa part n’est pas mendier : c’est un droit. Celui qui a doit donner quand on lui demande ; celui qui garde pour lui est la cible de critiques, de plaisanteries, de rumeurs.Personne ne peut accumuler : pas de greniers, peu d’objets, des déplacements fréquents. La richesse, chez eux, c’est le réseau de ceux à qui l’on a donné et qui donneront à leur tour.
Les armes contre le petit chef
L’anthropologue Christopher Boehm a comparé des dizaines de sociétés de chasseurs-cueilleurs. Il y retrouve partout la même boîte à outils, qu’il appelle la hiérarchie inversée : c’est le groupe qui domine celui qui voudrait dominer.- d’abord la moquerie et la critique ;
- puis la désobéissance : on n’écoute plus celui qui commande ;
- puis la mise à l’écart : on part s’installer ailleurs, sans lui ;
- et dans les cas extrêmes, rares, le groupe se débarrasse d’un tyran qui menace tout le monde.
On se teste ?
