Savoir pour ne pas laisser mourir
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Et aujourd’hui ?
L’information comme protection
Aujourd’hui, des systèmes d’alerte surveillent les récoltes, les prix et la malnutrition dans le monde entier, pour repérer les famines avant qu’elles éclatent. Mais les famines récentes ont souvent lieu dans des zones de guerre, ou sous des régimes qui contrôlent l’information et empêchent les journalistes d’entrer. La leçon de 1943 reste valable : là où l’on empêche de voir, on laisse mourir.Ce que le Bengale nous apprend, et ce qu’il ne prouve pas
Ce qu’il nous apprend :
- l’information est une protection vitale : une famine cachée est une famine qu’on ne combat pas ;
- une famine est souvent une crise d’accès, pas de quantité : on meurt de ne pas pouvoir acheter ;
- ceux qui décident doivent rendre des comptes à ceux qui subissent, sinon les plus faibles meurent en silence ;
- une photo publiée au bon moment peut changer le cours des choses.
Ce qu’il ne prouve pas :
- que la démocratie supprime la faim : elle supporte la faim chronique ;
- que tous les chiffres de Sen sont incontestables ;
- que la presse libre suffit, sans opposition ni élections pour obliger à agir.
On se teste ?
