La presse libre contre la famine
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La thèse de la presse libre
La thèse
Sen en tire une conclusion devenue célèbre. Dans son livre de 1999, Un nouveau modèle économique, il écrit qu’aucune famine n’a jamais eu lieu dans une démocratie qui fonctionne. Il ne veut pas dire que les démocraties sont plus riches, mais que les gouvernants y sont obligés de réagir, parce que :- une presse libre fait connaître la famine dès ses débuts ;
- une opposition peut s’en emparer ;
- des élections sanctionnent ceux qui laissent mourir.
Deux exemples
- L’Inde depuis 1947 : après l’indépendance, avec des élections et une presse libre, elle a connu de graves sécheresses, mais pas de famine comparable à celle de 1943. Les crises ont été repérées et combattues à temps.
- La Chine de 1959 à 1961 : pendant le « Grand Bond en avant », sans presse libre ni opposition, une famine tue des dizaines de millions de personnes, selon des estimations très variables. Les responsables locaux, terrorisés, annoncent des récoltes record ; la vérité ne remonte pas.
Le journal qui a brisé le silence
Au Bengale même, c’est un journal qui finit par percer le silence. En août 1943, Ian Stephens, rédacteur en chef du quotidien The Statesman de Calcutta, publie des photographies de victimes, en contournant la censure qui visait les textes. Puis il publie des éditoriaux accusateurs, qui reprochent au gouvernement d’avoir caché la famine au public britannique.L’affaire remonte jusqu’au Parlement de Londres. Les secours s’organisent enfin, tardivement. Des photos ont fait ce que des mois de rapports n’avaient pas fait.
On se teste ?
