Rendre la presse aux lecteurs
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Et aujourd’hui ?
Des verrous qui existent
- Au Monde, le pôle d’indépendance (journalistes, salariés, lecteurs) a obtenu en 2019 un droit d’agrément : il peut refuser l’arrivée d’un nouvel actionnaire qui prendrait le contrôle. Xavier Niel a placé ses parts dans un fonds de dotation, où elles ne peuvent plus être vendues.
- Mediapart ne vend aucune publicité et n’a pas d’actionnaire industriel : près de 99 % de ses recettes viennent de ses abonnés, plus de 230 000 en 2024, et le journal est bénéficiaire. Un fonds à but non lucratif protège son indépendance.
- Le Canard enchaîné, sans publicité depuis plus d’un siècle, vit de ses lecteurs.
Ce que ça nous apprend, et ce que ça ne prouve pas
Ce que ça nous apprend :
- un contre-pouvoir possédé par ceux qu’il devrait surveiller est fragile ;
- la concentration se mesure en parts de marché, mais le vrai sujet est la dépendance ;
- l’indépendance se construit avec des règles : droit d’agrément, lecteurs payants, actionnaires qui ne peuvent pas vendre.
Ce que ça ne prouve pas :
- que chaque propriétaire dicte ce que publient ses journaux ;
- que les journalistes de ces médias sont aux ordres : beaucoup y font un travail honnête ;
- qu’un média indépendant dit forcément la vérité : il peut se tromper, lui aussi ;
- que la France est un cas unique : la concentration des médias existe dans de nombreux pays.
On se teste ?
