Ce que les institutions ont dit
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Ce que ça a donné
2022 : le Sénat enquête
Au début de 2022, une commission d’enquête du Sénat, présidée par Laurent Lafon (centriste), avec David Assouline (socialiste) comme rapporteur, auditionne les grands propriétaires : Vincent Bolloré, Bernard Arnault, Martin Bouygues et d’autres. Vincent Bolloré s’y défend de tout intérêt idéologique dans ses achats de médias.Le rapport fait 32 propositions, surtout pour renforcer l’indépendance des rédactions. Il est adopté à l’unanimité, mais les sénateurs restent divisés sur le fond : pour le rapporteur, la concentration affaiblit le pluralisme ; pour une partie de la droite, elle est le seul moyen de faire face aux géants américains du numérique.
2024 et 2025 : le juge et le régulateur
- Le 13 février 2024, saisi par Reporters sans frontières, le Conseil d’État demande à l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, de réexaminer le respect du pluralisme par CNews. Surtout, il fixe une règle pour toutes les chaînes : le pluralisme doit s’apprécier sur l’ensemble des intervenants, chroniqueurs, animateurs et invités compris, et pas seulement sur le temps de parole des responsables politiques.
- En décembre 2024, l’Arcom attribue les fréquences de la télévision numérique terrestre à onze projets ; C8, chaîne du groupe Canal+, et NRJ12 n’en font pas partie. Le Conseil d’État rejette leurs recours, et les deux chaînes cessent d’émettre fin février 2025.
Pourquoi s’en méfier
- Une concentration n’est pas une censure : il est très rare de pouvoir prouver qu’un propriétaire a donné un ordre sur un article ou une émission ;
- les propriétaires et les dirigeants démentent toute intervention, et un démenti n’est ni une preuve ni un aveu ;
- les décisions de l’Arcom reposent sur plusieurs critères, pas sur un seul ;
- la carte « qui possède quoi » ne montre que les capitaux, pas ce qui se passe dans les rédactions.
On se teste ?
