L’Est accuse, le Département nie
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Ce qui coince
L’Est accuse
Le 13 janvier 2025, Patrice Selly, maire de Saint-Benoît et président de la Cirest (l’intercommunalité de l’Est, chargée de l’eau potable), demande aux parlementaires réunionnais une enquête parlementaire sur le basculement des eaux. Les Jeunes Agriculteurs et de nombreux habitants accusent le transfert d’aggraver la sécheresse.L’idée circulait depuis des années dans les repas de famille. Avec les coupures, elle devient un sujet politique.
Un chiffre frappe : en janvier 2025, la rivière du Mât ne coule plus qu’à 955 litres par seconde, pour une normale de 4 214. Le débit réservé, 400 litres par seconde, n’est plus très loin.
Le Département nie
Pour le vice-président chargé de l’eau, Gilles Hubert, c’est un « faux problème ». Les arguments du Département :- on ne prélève que l’eau qui ne peut pas être captée pour Salazie, et loin du volume autorisé ;
- les débits réservés protègent les rivières de l’Est ;
- la cause principale, c’est la pluie : jusqu’à 75 % de déficit dans l’Est, et des cirques comme Cilaos, qui ne sont pas concernés par le basculement, manquent d’eau eux aussi ;
- les réseaux de certaines communes de l’Est perdent plus de la moitié de leur eau dans des fuites, et l’Est n’a pas de retenues collinaires, contrairement au Sud.
Ce qu’on peut dire honnêtement
Les deux camps ont des arguments. L’Ouest n’est pas épargné partout : Le Port aussi est en crise en janvier 2025. Et les fuites de l’Est sont un fait.Mais le Département construit, exploite, mesure, et se défend lui-même. À notre connaissance, l’enquête parlementaire n’a pas été ouverte, et aucune étude indépendante n’a mesuré l’effet du basculement sur l’Est en période de sécheresse.
On domine par ce dont l’autre dépend : ici, l’eau, mais aussi les chiffres sur l’eau. Celui qui les détient seul a le dernier mot.
On se teste ?
