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Prendre l’eau où elle tombe

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Le mécanisme

Une île coupée en deux par la pluie

Les alizés poussent l’air humide sur l’Est de l’île, qui reçoit l’essentiel de la pluie : à Takamaka, plusieurs mètres par an. Les montagnes arrêtent les nuages, et l’Ouest, « sous le vent », reste sec : moins de 700 mm par an vers Saint-Paul.

L’idée, lancée à la fin des années 1980 : prendre l’eau là où elle tombe, et l’emmener là où elle manque, pour irriguer les terres agricoles de l’Ouest. Son nom officiel : Irrigation du littoral Ouest (ILO).
Ouest : secEst : très pluvieuxSalazieMafategaleriesMon-Reposchamps et robinets de l’Ouestl’eau coule par gravité




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Comment ça marche

  • Quatre captages : deux dans le cirque de Salazie (dont la rivière du Mât), deux à Mafate ;
  • environ 30 km de galeries creusées sous les cirques ; l’eau descend seule, par gravité, sans pompe ni électricité ;
  • elle arrive au réservoir de Mon-Repos (50 000 m³), dans les hauts de Saint-Paul, puis part dans une grosse conduite vers les communes de l’Ouest, de La Possession à Saint-Leu ;
  • des pompes la remontent jusqu’à environ 600 m d’altitude pour irriguer les hauts.




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Les règles du partage

Un arrêté préfectoral de 1999, valable cinquante ans, fixe ce qu’on peut prendre. Selon le Département : jusqu’à 97 millions de m³ par an, dont 71 millions pour irriguer environ 6 000 hectares, et 26 millions pour les intercommunalités, pour l’eau du robinet et les entreprises.

Pour protéger les rivières de l’Est, l’arrêté impose des débits réservés : au moins 400 litres par seconde doivent continuer à couler dans la rivière du Mât, et 100 dans la rivière Fleurs Jaunes.




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Le chantier du siècle

Il a fallu environ 25 ans de travaux. Dans les galeries de Salazie, l’entreprise tombe sur des nappes d’eau énormes, jusqu’à 1 800 litres par seconde, le débit d’une rivière. Le tunnelier est noyé, et l’équipe creuse à l’explosif pendant un an, parfois avec de l’eau jusqu’à la taille. Les cyclones détruisent plusieurs fois l’entrée du chantier.

Le creusement s’achève en 2011, les galeries sont mises en eau ensuite. Coût total : près d’un milliard d’euros selon les sources (de 850 à 975 millions), payé par l’Europe, l’État et le Département.




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