Le chèque à la merci du vote
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Ce qui coince
2016 : le chèque coupé en deux
Quand le prix du pétrole s’effondre, au milieu des années 2010, l’Alaska perd une grande partie de ses recettes. En 2016, le gouverneur Bill Walker, élu sans étiquette, réduit par son veto l’argent prévu pour les chèques : chacun touche 1 022 dollars au lieu de 2 052.Un sénateur, Bill Wielechowski, et deux anciens élus attaquent en justice. En août 2017, la Cour suprême de l’Alaska leur donne tort, à l’unanimité : le gouverneur en avait le droit. Le chèque n’est donc pas automatique ; il dépend du budget voté chaque année.
2018 : le fonds paie aussi l’État
En 2018, une loi change la règle : chaque année, l’État peut prélever une part de la valeur du fonds (5,25 % jusqu’en 2021, 5 % ensuite) pour payer à la fois les chèques et les services publics. Le fonds apporte désormais plus de la moitié des recettes libres du budget de l’État.La formule de 1982 n’est plus appliquée : le montant du chèque se discute chaque année avec le reste du budget. En 2026, le Parlement l’a fixé à 1 000 dollars, plus 200 pour l’énergie.
Les deux camps
- Pour les défenseurs du chèque, c’est l’argent des habitants, pas celui des élus : en le réduisant, l’État paie ses dépenses sans oser lever d’impôt. Certains demandent de revenir à la formule de 1982, voire de l’inscrire dans la Constitution, comme le sénateur Wielechowski après sa défaite en justice.
- Pour d’autres, il faut d’abord payer les écoles, les routes et la santé, et le pétrole ne suffira plus. En 2023, Cliff Groh, qui avait aidé à écrire la loi du chèque en 1982 et qui est devenu député démocrate, propose de rétablir un petit impôt sur le revenu : 2 % au-dessus de 200 000 dollars par an. L’Alaska avait supprimé le sien en 1980, grâce au pétrole.
Pouvoir et dépendance
La serrure de Hammond a tenu en partie : le capital du fonds reste protégé par la Constitution. Mais ce qui est distribué par un vote peut être réduit par un vote, comme les restaurants populaires de Belo Horizonte dépendaient d’un budget.Et il y a un paradoxe : un revenu qui vient du pétrole attache aussi les habitants au pétrole. Plus on en extrait, plus le fonds reçoit. Qui, dans ces conditions, a intérêt à le laisser sous terre ?
On se teste ?
