Des puits de pétrole aux puits d’argent
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Le mécanisme
900 millions, envolés
L’Alaska n’est un État des États-Unis que depuis 1959. Dix ans plus tard, en 1969, il met aux enchères les droits de forage de Prudhoe Bay, un immense gisement de pétrole au bord de l’océan Arctique. La vente rapporte 900 millions de dollars, alors que le budget de l’État tourne autour de 100 millions par an.L’argent part dans les services d’un État jeune et pauvre, surtout l’école. Au milieu des années 1970, il n’en reste rien, et beaucoup d’habitants ont le sentiment qu’il a été gaspillé.
Un fonds qu’on ne peut pas dépenser
Élu gouverneur en 1974, le républicain Jay Hammond veut mettre une partie de l’argent du pétrole « derrière une corde », à l’abri des dépenses tape-à-l’œil. Son rêve : que les puits de pétrole deviennent des « puits d’argent » qui pompent pour toujours.En novembre 1976, les électeurs modifient la Constitution de l’Alaska, par 75 588 voix contre 38 518, deux sur trois :
- au moins 25 % de ce que l’État touche sur ses ressources minérales (redevances, loyers et primes du pétrole surtout) vont chaque année dans un Fonds permanent ;
- ce capital ne peut pas être dépensé : il est seulement placé, pour rapporter ;
- seuls ses revenus peuvent servir.
Pourquoi un chèque ?
Pour Hammond, le chèque est une serrure. Si chaque habitant touche sa part, chacun sait que c’est « son argent », et surveillera ceux qui voudraient y toucher. Il parle d’« Alaska, Inc. » : une entreprise dont chaque habitant serait actionnaire. Il veut aussi que l’argent arrive dans les villages isolés, pas seulement autour des grandes villes.Son premier projet donnait plus aux anciens : 50 dollars par année vécue en Alaska depuis 1959. Un couple arrivé en 1978 porte plainte. Le 14 juin 1982, la Cour suprême des États-Unis juge ce tri contraire à l’égalité (arrêt Zobel contre Williams). Le Parlement de l’Alaska vote alors un chèque égal pour tous : 1 000 dollars, cette même année.
On se teste ?
