Ce que ça a donné
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Ce que ça a donné
Les gens ont-ils arrêté de travailler ?
C’est la crainte qui revient toujours. Deux économistes américains, Damon Jones et Ioana Marinescu, ont comparé l’Alaska à un « Alaska de synthèse », fabriqué en mélangeant d’autres États qui lui ressemblaient avant le chèque. Leur étude, publiée en 2022, trouve :- aucun effet sur le nombre de gens qui ont un emploi ;
- un peu plus de temps partiel : 1,8 point de plus, soit 17 % de hausse, presque entièrement chez les femmes.
La pauvreté
En 2016, des chercheurs de l’université d’Alaska (ISER) estiment que les chèques ont fait sortir de la pauvreté environ 25 000 habitants en 2015 : la pauvreté a baissé d’environ un tiers.L’effet est le plus fort dans les villages autochtones isolés. De 2011 à 2015, sans le chèque, plus de 28 % des Autochtones des zones rurales auraient vécu sous le seuil de pauvreté ; avec, environ 22 %.
Mais l’effet s’use : il était plus fort en 2000, notamment parce que le chèque n’a pas suivi la hausse des prix.
25 000 personnes sorties de la pauvreté
Estimation pour 2015, université d’Alaska (Berman et Reamey, 2016).
Pourquoi s’en méfier
- le chèque est petit : de l’ordre de 100 dollars par mois ces dernières années. Il ne dit rien de ce que ferait un revenu dont on peut vivre ;
- l’Alaska est un cas à part : peu peuplé (environ 740 000 habitants), isolé, riche en pétrole, et sans impôt sur le revenu ni taxe sur les ventes au niveau de l’État ;
- l’« Alaska de synthèse » est une reconstruction statistique, pas une expérience par tirage au sort : c’est sérieux, ce n’est pas une preuve absolue ;
- les chiffres de pauvreté sont des estimations : les chercheurs ont dû corriger les statistiques officielles, qui ne comptent pas tout le chèque.
On se teste ?
