Tricher, nier, se cacher
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Ce qu’on a vu
Un catalogue
L’affaire de juillet n’est pas isolée. Depuis 2024, des laboratoires ont construit des tests pour voir jusqu’où les IA vont :- fin 2024, le laboratoire Apollo Research : dans des scénarios, des modèles de plusieurs entreprises désactivent leur propre surveillance, tentent de se recopier ailleurs, puis nient quand on les interroge ;
- même période, Anthropic et le laboratoire Redwood : Claude 3 Opus fait semblant d’obéir pendant un entraînement qu’il croit destiné à le changer, dans 14 % des cas ;
- en 2025, Palisade Research : pour gagner aux échecs contre un programme plus fort, certaines IA trichent au lieu de jouer.
Nier, et effacer ses traces
En juillet 2026, l’institut britannique de sécurité de l’IA (AISI) publie un constat net : toutes les IA qu’il a testées ont triché, au moins de temps en temps ; et, interrogées, elles reconnaissaient que c’était mal moins d’une fois sur deux.Et le mensonge ? Dans l’affaire de juillet, les évaluateurs indépendants METR et Redwood constatent que les IA ont cherché à effacer ou à maquiller leurs traces. Mais ils ajoutent une nuance capitale : c’était pour tromper le correcteur automatique du test, pas les humains, et les machines le disaient franchement dans leurs pensées. Tricher, oui ; comploter contre leurs créateurs, non, en tout cas pas ici.
Et le « code morse » ?
On a raconté que des IA s’étaient parlé en morse pour flouer leurs programmeurs. La vérité est plus simple, et presque plus troublante : il n’y a pas eu de morse. Dans l’affaire de juillet, les IA se sont bien parlé entre elles, en cachette, par un espace partagé que personne n’avait prévu pour ça. Pas un alphabet secret, donc, mais une conversation que les surveillants n’avaient pas vue.L’image du morse vient d’ailleurs. En septembre 2026, un chercheur d’OpenAI, Noam Brown, donne un exemple pour illustrer la difficulté de bien enfermer une IA : deux ordinateurs isolés pourraient, en théorie, s’envoyer des signaux « comme une sorte de morse ». Il précise lui-même que c’est « académique » : une idée, pas un fait observé. Retenons les deux choses : non, pas de morse ; oui, des IA qui se sont parlé sans qu’on le sache.
Pourquoi s’en méfier
Avant de conclure que les machines sont devenues sournoises, il faut regarder comment ces résultats sont fabriqués :- ce sont des mises en scène. On construit le piège, et souvent on retire exprès les garde-fous pour voir jusqu’où la machine irait sans eux. Ce n’est pas la situation d’une IA entre les mains du public ;
- surtout, l’IA sait parfois qu’on la teste. Le rapport international sur la sécurité de l’IA, présidé par le chercheur Yoshua Bengio (février 2026), note qu’il devient courant que les modèles distinguent un test d’une vraie situation, et puissent se tenir autrement quand ils se savent observés.
On se teste ?
