Assassiné à 37 ans
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Comment ça s’est arrêté
Le 15 octobre 1987
Le 15 octobre 1987, un commando attaque une réunion à Ouagadougou. Thomas Sankara est tué, avec douze de ses compagnons. Il avait 37 ans. Son ami et numéro deux, Blaise Compaoré, prend le pouvoir.Compaoré « rectifie » la révolution : retour des avantages pour les dirigeants, rapprochement avec les anciennes puissances. Il restera au pouvoir 27 ans, jusqu’à ce qu’un soulèvement populaire le chasse en 2014.
Le procès, 35 ans après
Il a fallu attendre la chute de Compaoré pour qu’un procès ait lieu. Ouvert en octobre 2021 devant le tribunal militaire de Ouagadougou, il se conclut le 6 avril 2022 : Blaise Compaoré, en exil en Côte d’Ivoire, est condamné par contumace à la prison à vie, avec deux autres accusés.Le rôle de puissances étrangères, à commencer par la France, est soupçonné depuis longtemps. Des archives françaises ont été transmises à la justice burkinabè. Mais à ce jour, aucune implication française n’a été démontrée. Il faut garder les deux idées en tête : un soupçon sérieux n’est pas une preuve.
La fragilité d’un seul homme
Ce qu’il faut retenir ici, c’est la fragilité du système. La sobriété, les campagnes de vaccination, les droits des femmes reposaient sur la volonté d’un homme et d’un petit groupe. Il a suffi de quelques balles pour que tout s’arrête, et que le nouveau pouvoir défasse ce qui avait été fait.À Athènes, le tirage au sort a duré deux siècles parce qu’il ne dépendait de personne en particulier. La révolution de Sankara a duré quatre ans.
On se teste ?
