L’autre face de la révolution
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L’autre face
Un pouvoir sans contre-pouvoirs
Sankara est arrivé au pouvoir par un coup d’État, et il n’a jamais organisé d’élections. Les partis sont interdits. Le pouvoir réel est entre les mains d’un petit groupe d’officiers et de militants.Pour encadrer la population, le régime crée partout des Comités de défense de la révolution, les CDR. Ils mobilisent pour les grands travaux, mais certains abusent de leur pouvoir dans les quartiers et les villages : rackets, brimades, règlements de comptes. Sankara lui-même reconnaîtra publiquement ces excès.
Répression
Le régime ne tolère guère l’opposition :- des enseignants grévistes sont licenciés par centaines, peut-être par milliers (les chiffres et les dates varient selon les sources) ;
- des Tribunaux populaires de la révolution jugent des responsables de l’ancien régime pour corruption, avec des garanties de défense faibles ;
- après une tentative de coup d’État en 1984, sept personnes sont exécutées.
Pourquoi le dire
Sankara est devenu une icône pour une partie de la jeunesse africaine, et pas seulement. Il serait facile de ne garder que la légende.Mais ce site a une règle : raconter les expériences honnêtement, y compris ce qui gêne dans les idées qu’on aime. Un homme intègre au sommet d’un pouvoir sans limites reste un pouvoir sans limites. Ce qui protège un peuple, ce n’est pas la bonté d’un chef : ce sont des mécanismes qui fonctionnent même quand le chef n’est pas bon.
On se teste ?
