Apprendre à lire, pas à tout lire
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Ce qui coince
Un manuel politique
Le manuel de 1961 n’est pas neutre. On y apprend à lire avec des phrases sur la révolution, la réforme agraire, Fidel Castro, les ennemis de la patrie. Alphabétiser, c’est aussi convaincre.Le pédagogue brésilien Paulo Freire, qui développe à la même époque une méthode où l’on apprend à lire à partir des mots de la vie des gens, insistera sur ce point : l’alphabétisation n’est jamais neutre. Elle peut libérer, ou enrégimenter.
Un régime sans libertés
Il faut le dire clairement : le régime qui a alphabétisé Cuba a, dans le même temps, supprimé les élections libres, la liberté de la presse et les partis d’opposition. Les journaux indépendants disparaissent. Des opposants sont emprisonnés pour de longues années, d’autres fusillés dans les premières années.De 1965 à 1968, des camps de travail, les UMAP, enferment des hommes jugés « déviants » : homosexuels, croyants, jeunes considérés comme non conformes. Des centaines de milliers de Cubains quittent l’île au fil des décennies.
On a appris aux Cubains à lire, mais pas à tout lire. Savoir lire ne suffit pas à être libre, si l’on ne peut ni écrire ni publier ce que l’on pense.
On se teste ?
