Ceux qui ont prouvé le plomb
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Ce que ça a donné
Des citoyens qui mesurent
Une mère de famille, Lee-Anne Walters, fait analyser l’eau de sa maison : le taux de plomb est énorme. Elle contacte Marc Edwards, ingénieur à l’université Virginia Tech. En 2015, avec ses étudiants et des habitants, il fait prélever et analyser l’eau de centaines de maisons : le plomb est présent dans de nombreuses maisons, parfois à des taux très élevés.En septembre 2015, une pédiatre de Flint, Mona Hanna-Attisha, compare les analyses de sang des enfants de moins de 5 ans avant et après le changement d’eau. La part d’enfants avec trop de plomb dans le sang double : de 2,4 % à 4,9 %. Rien de tel autour de la ville, là où l’eau n’a pas changé.
L’État conteste, puis recule
L’État commence par contester ces résultats, et la pédiatre est publiquement critiquée. Puis il recule. En octobre 2015, Flint revient à l’eau de Detroit. Le 5 janvier 2016, le gouverneur déclare l’état d’urgence ; le 16 janvier, le président Obama déclare l’urgence fédérale. La Garde nationale distribue de l’eau en bouteille et des filtres.Dans le même temps, la région connaît une épidémie de légionellose, une pneumonie due à une bactérie de l’eau : 91 cas et 12 morts en 2014 et 2015 dans le comté de Flint. Des chercheurs soupçonnent l’eau de la rivière, mais le lien n’a pas été prouvé de façon définitive.
Pourquoi s’en méfier
Les chiffres de la pédiatre ont été publiés dans une revue scientifique, après vérification par d’autres chercheurs. Mais ils mesurent une part d’enfants exposés, pas les dégâts sur chaque enfant, qui sont difficiles à mesurer un par un.Et les mesures de l’État, elles, disaient que l’eau était conforme. Ce sont des citoyens, un universitaire et une médecin qui ont fait le travail de contrôle. Sans eux, combien de temps encore ?
On se teste ?
