Ce que le Chili nous apprend
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Et aujourd’hui ?
Un autre 11 septembre
Au Chili, le 11 septembre reste une date de deuil et de division. La Moneda a été reconstruite, une statue d’Allende se dresse devant le palais, et un musée de la Mémoire raconte la dictature. Le pays a mis des décennies à juger une partie des crimes.Pour le reste du monde, le Chili est devenu le symbole d’une démocratie renversée avec l’aide d’une grande puissance qui se présentait comme la défenseuse de la démocratie.
Ce que le Chili nous apprend, et ce qu’il ne prouve pas
Ce qu’il nous apprend :
- une démocratie peut être renversée de l’extérieur en jouant sur ses dépendances : crédits, exportations, presse ;
- une armée qui ne rend de comptes à personne peut se retourner contre les institutions qu’elle doit protéger ;
- une société coupée en deux, où chaque camp voit l’autre comme un ennemi, devient fragile face aux putschistes ;
- les crimes d’une dictature finissent par être documentés, même des décennies plus tard.
Ce qu’il ne prouve pas :
- que l’échec économique de 1973 était entièrement dû à la CIA : des erreurs du gouvernement y ont aussi contribué ;
- qu’une crise économique justifiait un coup d’État et la terreur : rien ne le justifie ;
- que la voie démocratique vers le socialisme était impossible : l’expérience a été interrompue avant de pouvoir être jugée par les urnes.
On se teste ?
